Le marché automobile français chute de 6,55% en janvier 2026

Renault leader à 19,97% devant Peugeot 16,52% et Citroën 8,86%. Les commandes 2025 perdent 40 000 unités supplémentaires versus 2024. Le marché électrifié atteint un point de bascule à 81% des ventes dans une transition technologique asymétrique. VUL résiste mieux à -2,78% avec commandes en hausse de 2,2% sur 2025. Peugeot 208 modèle le plus vendu.

L’année 2026 débute en territoire négatif sans grande surprise et dans la continuité de la fin d’année 2025. Le marché automobile français enregistre 107 157 immatriculations de véhicules particuliers en janvier 2026, soit une baisse de 6,55% par rapport à janvier 2025. Les véhicules utilitaires affichent un recul plus limité de 2,78%, portant la baisse globale VP+VU à 5,87%.

Chute persistante même corrigée du calendrier

Même corrigé de l’écart d’un jour ouvré en moins entre janvier 2026 et janvier 2025, facteur technique affectant mécaniquement les volumes d’immatriculations, le marché reste orienté à la baisse de 2,10%. Cette correction calendaire ne suffit donc pas à expliquer la faiblesse persistante du marché automobile français confronté à des difficultés structurelles profondes.

L’embellie temporaire des commandes observée de septembre à novembre 2025 est désormais derrière nous, parenthèse favorable close. Décembre 2025 affichait déjà un recul de 3,3% annonçant la dégradation actuelle. Sur l’ensemble de l’année 2025, les commandes auront encore « perdu » 40 000 véhicules supplémentaires par rapport à 2024, érosion continue témoignant de la faiblesse structurelle de la demande française.

VUL seule lueur d’espoir

Seule lueur positive dans ce tableau morose : le segment des véhicules utilitaires légers dont les commandes sont en hausse en 2025 à +2,2%. Cette résistance du VUL s’explique par le renouvellement contraint des flottes professionnelles d’artisans, commerçants et entreprises ne pouvant différer indéfiniment leurs investissements en véhicules de travail.

La moyenne des mois de janvier post-Covid se situe à 114 000 unités d’immatriculations, référence permettant de contextualiser la performance mensuelle. Janvier 2026 avec seulement 107 157 immatriculations fait donc office d’un « mauvais » mois se situant nettement sous cette moyenne établie, confirmant la faiblesse conjoncturelle actuelle.

Marché bipolaire par marques

En ce début d’année, le marché par marque se caractérise par une bipolarité extrême avec soit de fortes hausses soit de fortes baisses sans positions intermédiaires. Phénomène remarquable : près de 60% du marché constitué par les deux géants Stellantis et Renault font mieux que le marché global à -6,55%, surperformance relative masquant néanmoins des reculs absolus pour certaines marques de ces groupes.

L’analyse détaillée par marque est largement dominée par les effets de base statistiques liés aux performances exceptionnelles ou catastrophiques de janvier 2025 servant de référence. Dacia apparaît de loin comme la marque ayant le plus freiné la croissance du marché, recul spectaculaire s’expliquant par des effets de base défavorables après un janvier 2025 exceptionnel.

Suivent Peugeot, BMW, Toyota et Hyundai qui sont également des contributeurs majeurs au recul global du marché français, ces marques perdant collectivement plusieurs milliers d’immatriculations. À l’inverse, Renault affiche une croissance spectaculaire de plus de 20% portée par le succès commercial de la Renault 5 E-Tech Electric, tandis que BYD, Xpeng, Fiat et Mercedes contribuent également positivement à la dynamique du marché.

Point de bascule à 81% d’électrification

Ces cinq dernières années ont proposé aux clients du marché neuf un large éventail de choix technologiques en termes d’énergies, situation typique d’une période de transition énergétique profonde. Le marché automobile français est maintenant devenu asymétrique et bipolaire avec une accélération brutale de l’électrification.

La recomposition du marché vient d’atteindre un point de bascule symbolique majeur avec 81% du marché désormais électrifié sous une forme ou une autre. Cette proportion écrasante inclut les véhicules 100% électriques, les hybrides rechargeables et les hybrides classiques non-rechargeables, ne laissant que 19% aux motorisations essence et diesel pures.

Ce basculement traduit la mutation accélérée du marché français vers des motorisations alternatives poussées tant par les incitations réglementaires et fiscales que par l’évolution de l’offre constructeurs privilégiant massivement les technologies électrifiées dans leurs gammes.

Classement des marques dominé par les français

Les faits notables du marché automobile français en janvier 2026 confirment la domination des marques nationales bénéficiant de leur ancrage historique. Renault s’empare de la première place avec 19,97% de parts de marché, soit presque 5 points de mieux que janvier 2025, progression spectaculaire portée par le succès de la nouvelle Renault 5 électrique.

Peugeot se maintient en deuxième position avec 16,52% de parts de marché malgré un recul en volume absolu, suivi de Citroën complétant le podium à 8,86%. Toyota occupe la quatrième place à 8,55% tandis que Volkswagen ferme le top 5 à 6,46%, le constructeur allemand continuant de perdre du terrain sur le marché français face aux offensives française et asiatique.

Cette domination du trio Renault-Peugeot-Citroën cumulant plus de 45% du marché français illustre la préférence persistante des automobilistes français pour leurs marques nationales, phénomène de « préférence domestique » particulièrement marqué en France comparé à d’autres grands marchés européens.

Électrique seul segment en croissance

Seuls les véhicules 100% électriques sont en croissance significative en janvier avec 28% de parts de marché et une hausse spectaculaire de 51% en volume comparé à janvier 2025. Cette explosion des immatriculations électriques résulte de la conjonction de plusieurs facteurs : élargissement substantiel de l’offre avec de nombreux nouveaux modèles, maintien du bonus écologique pour les véhicules produits en Europe, et baisse progressive des prix catalogue rendant l’électrique plus accessible.

Cette part de marché de 28% pour l’électrique pur en janvier constitue un record historique mensuel pour le marché français, signe que l’électrification entre désormais dans une phase de massification dépassant le stade des early adopters écologistes ou technophiles pour toucher le grand public.

Les hybrides rechargeables et non-rechargeables complétant les 81% d’électrification, on constate que les motorisations essence et diesel pures s’effondrent littéralement pour ne plus représenter qu’un automobiliste sur cinq, marginalisation accélérée par les restrictions de circulation urbaine et la fin annoncée de ces technologies en 2035.

Peugeot 208 en tête des ventes

La Peugeot 208 conserve sa position de modèle le plus immatriculé en janvier 2026, succès durable de cette citadine polyvalente disponible en versions essence, diesel et électrique e-208 permettant de toucher tous les segments de clientèle. Sa polyvalence énergétique constitue un atout commercial majeur en période de transition.

La Renault 5 E-Tech Electric affiche une forte croissance spectaculaire portée par l’engouement suscité par ce modèle rétro-moderne saluant l’icône des années 1970. Son positionnement tarifaire relativement accessible pour une électrique et son design réussi séduisent massivement les clients français sensibles à l’émotion automobile.

La Clio VI nouvellement lancée se positionne en approche des premières places, montée en puissance logique d’un modèle récemment renouvelé bénéficiant encore de l’effet de nouveauté. La bataille pour la première place mensuelle s’annonce serrée entre ces trois modèles français durant l’année 2026.

Marché occasion également affecté

Le marché de l’occasion démarre également sur une note négative affectant particulièrement deux segments cruciaux. Les véhicules d’occasion récents de moins de trois ans subissent une chute de la demande liée aux incertitudes économiques poussant les acheteurs vers des véhicules plus anciens et moins chers.

Les professionnels de l’automobile (concessionnaires, centres auto, mandataires) souffrent particulièrement de cette atonie du marché occasion se traduisant par des stocks gonflés et des délais de rotation allongés pénalisant leur trésorerie. Cette situation préoccupante du marché occasion constitue un indicateur avancé inquiétant pour le marché neuf futur.

Perspectives incertaines pour 2026

Les perspectives pour l’ensemble de l’année 2026 restent incertaines dans un contexte économique français difficile. L’inflation persistante érode le pouvoir d’achat des ménages limitant leur capacité d’investissement automobile, tandis que les taux d’intérêt élevés renchérissent le coût des crédits auto décourageant les achats financés.

La transition énergétique imposée vers l’électrique continue de bouleverser profondément les habitudes d’achat avec des clients encore nombreux à hésiter face aux contraintes de recharge et d’autonomie. Le maintien des aides publiques comme le bonus écologique s’avère crucial pour soutenir artificiellement une demande qui peinerait à se maintenir sans ces béquilles fiscales.

La concurrence chinoise s’intensifie avec l’arrivée massive de nouveaux constructeurs comme BYD, Xpeng ou MG proposant des véhicules électriques technologiquement avancés à des tarifs agressifs menaçant les positions des constructeurs établis européens. Cette pression concurrentielle supplémentaire pourrait redistribuer significativement les cartes du marché français dans les mois à venir.

Le marché automobile français de janvier 2026 confirme donc sa fragilité structurelle avec un recul de 6,55% porté uniquement par la croissance spectaculaire de l’électrique compensant l’effondrement des motorisations thermiques traditionnelles. Cette période de transition technologique profonde génère une volatilité importante et des incertitudes majeures pour l’ensemble des acteurs de la filière automobile française.

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Faris Bouchaala
Faris Bouchaala
Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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